Le parfum de ces livres que nous avons aimés · Will Schwable

Qu’est-ce que tu lis en ce moment? C’est avec cette question que Will Schwalbe brise la glace chaque fois qu’il accompagne sa mère Mary Anne à ses séances de chimiothérapie. Pour lui, éditeur new-yorkais, comme pour elle, fondatrice de la bibliothèque universitaire de Kaboul, lire, c’est vivre. Will et Mary-Anne sont des boulimiques de livres. À travers leurs lectures communes, mère et fils dépassent pudeur et chagrin pour échanger sur la famille, l’amour, la vie, la mort et le pouvoir de ces livres qui nourrissent notre regard sur le monde et nous font goûter, le temps de quelques pages, à une forme d’immortalité.

Ce livre est un coffre aux trésors rempli d’idées de lectures: John Irving, Tolkien, Khaled Hosseini, Irène Némirovsky, Thomas Mann, Colm Tóibín, Harold Pinter, Maurice Sendak, Stieg Larsson, Muriel Barbery et son Élégance du hérisson. La liste des livres évoqués se trouve à la fin de l’ouvrage.

Le hic avec ce livre, c’est les personnages. Chaque membre de cette famille américaine est parfait, trop bon, trop sage. Les gens trop lisses m’ennuient. Certes, les passages où la maladie s’invite sont émouvants. Mais plus que la maladie, les séances de chimiothérapie et l’approche de la mort, je retiens la nécessité de lire pour rester vivant.

Un livre à fleur de peau, pudique, économe de mots. Une œuvre délicate sur l’extraordinaire capacité des livres à nous ouvrir à l’autre, à guider nos choix de vie et à insuffler beauté et poésie dans le quotidien le plus difficile.

Ce que j’aime par dessus tout dans les livres est leur existence physique. Les livres électroniques vivent hors de notre vue et disparaissent de nos pensées, tandis que les livres imprimés ont un corps, une présence. Bien sûr, ils vous échappent parfois en se cachant dans des lieux improbables, par exemple une boîte pleine de vieille photos encadrées, ou le panier à linge, enveloppés dans un tee-shirt. Mais, à d’autres moments, ils vous défient et vous trébuchez littéralement sur des bouquins que vous aviez oubliés depuis des semaines ou des années. Je recherche souvent les livres électroniques, mais ils ne viennent jamais à ma rencontre. [….] Ce sont des âmes sans chair [….] incapables de vous bouleverser.

Le parfum de ces livres que nous avons aimés, Will Schwalbe, Belfond, 2013, 360 p.

Note : 2 sur 5.

11 Commentaires

  1. Je l'ai abandonné, et pourtant le début m'a énormément émue. J'aime le message qu'il contient sur la littérature, les idées de livres et d'auteurs qu'il contient, mais je trouve que ça devient un catalogue sans vrai développement de chacune des oeuvres. J'ai eu du mal avec le personnage du fils, assez larmoyant en fait, même si je trouve le sujet dramatique bien évidemment, ça m'a agacée au bout d'un moment.

  2. Oui, c'est difficile à trouver! Mais celui-ci je l'avais noté à sa sortie en anglais, je l'avais complétement oublié et je n'avais pas pensé regarder si une traduction existait! Je suis d'accord pour Steel et cie. Je me suis mise à fréquenter ton blogue sérieusement et je note pas mal là! ;p

  3. Il a l'air pas mal du tout ce livre… mais comme toi, je ne suis généralement pas séduite par les personnages trop lisses. A l'occasion je m'y plongerai bien mais sans urgence.

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