Sueurs froides · Anne Brigitte Renaud – Michèle Plomer

La semaine s’annonce longue pour Caz. Pendant que sa mère et son chum vont se faire dorer la couenne à Cuba, lui etOscar, son yorkshire terrier, se font larguer dans un «congélateur géant», à Kuujjuaq, au Nunavik, chez sa tante. Et quelle tante!
 
Tante Bizarre, c’est la sœur de ma mère. Pour de vrai, elle s’appelle Marie, mais personne ne l’appelle Marie tout court parce qu’elle adopte de nouveaux prénoms chaque fois qu’elle déménage. Quand elle suivait des cours de yoga en Inde, elle signait ses courriels Marie-Ambuda qui signifie Marie-Nuage. Quand elle enseignait l’anglais en Chine, elle téléphonait à maman en disant que l’appel venait de Marie-Lei, qui veut dire Marie-Tonnerre. Je pourrais continuer comme ça pour tous les endroits de la Terre où tante Bizarre a habité. Depuis qu’elle travaille à Kuujjuaq, elle s’appelle Marie-Blizzard. Un blizzard, c’est un vent glacial et très violent, accompagné de tempête de neige. Avec le vent qui souffle aujourd’hui, je commence à comprendre pourquoi elle a choisi ce nouveau prénom.
 
Habillé en pelures d’oignon, Caz s’adapte du mieux qu’il peut. Sa curiosité l’amène à s’ouvrir peu à peu à la culture inuite. Faut dire que la belle Elisapie motive sa curiosité! Aux côtés de son nouvel ami Juani, il fera du traîneau à chiens, de la raquette et chassera le lagopède – mais n’y goûtera pas! La mystérieuse disparition de plusieurs chiens de traîneaux sera l’occasion de rallier cette communauté tissée serrée. Cette semaine, qui s’annonçait interminable, passe à la vitesse d’un éclair.
La solidarité, l’amitié et l’ouverture à l’autre sont à l’honneur dans ce charmant petit roman. L’écriture est accrocheuse, dynamique, teintée d’une bonne couche d’humour. L’intrigue bien dosée et les personnages attachants rendent la lecture haletante. Quelques mots d’inuktitut glissés ici et là et des informations sur la culture inuite sont passés en douce, sans jamais alourdir le texte.
 
Écrit à quatre mains, Sueurs froides est le premier roman de la toute jeune maison d’édition Chauve-souris. L’objet est soigné, la couverture sublime. Le roman est disponible chez plusieurs librairies indépendantes. On peut aussi se le procurer via la page Facebook des Éditions Chauve-souris
 
Une belle découverte! Anne Brigitte et Michèle, nakurmiik!
 
Sueurs froides, Anne Brigitte Renaud et Michèle Plomer, éditions Chauve-souris, 2015, 200 p.
 
La vie dans le Nord coûte très cher. Il y a de quoi avaler sa pomme de travers!
 

15 Commentaires

  1. Une très belle surprise que ce premier roman d'une nouvelle maison d'édition. Et je viens d'apprendre que le roman doit être réimprimé! Le premier tirage est écoulé. Bonne nouvelle, non?!

  2. Je suis contente d'avoir pu mettre la main sur ce petit roman. C'est assez rare que le premier titre d'une nouvelle maison d'édition soit à ce point de qualité par son contenant et son contenu. Ce qui est ici le cas.Tu m'apprends que le coût de la vie est très chère dans les îles. Je ne pensais pas que c'était à ce point-là. C'est pareil en Islande, que j'ai visité il y a quelques années…Moi aussi, très hâte de faire le tour des librairies de (et du) Québec! Ça approche!

  3. Joli voyage et belle histoire ! Marie-Blizzard ! pour les prix, ça ne m'étonne pas puisque qu'il est évident que tout ces produits sont envoyés là-bas. En France, c'est pareil avec tous ceux qui vivent dans les îles (Antilles, La Réunion, etc.) ils payent le prix du transport 😉 La photo des chiens fait toujours rêver (et me fait penser justement à Banquises de V.Goby)Hâte de pouvoir découvrir avec toi les libraires de Québec !

  4. C'est un adon. Mais faut dire aussi que ces derniers temps, il s'en publie beaucoup.Cette jeune maison d'édition est établie en Estrie. Les deux auteures du roman (qui ont fait un séjour dans le Nord), sont aussi les boss de la maison d'édition. Une idée de passionnées. J'adore quand les gens mettent tout en oeuvre pour aller au bout de leur rêve.Je suis estomaquée par les prix. Dans ce cas-ci, je crois qu'il faut investir dans une bonne canne à pêche et un bon fusil!

  5. Alors je dis oui à la couverture (magnifique), à l'intrigue et au décors. Par contre, je crains la ressemblance avec Jorn Riel dont je n'avais pas vraiment les racontars.

  6. Tu lis beaucoup de romans du Nord ces temps-ci :)Ça l'air bien comme petit roman. Je ne connaissais pas, ni le livre ni l'éditeur.J'avais déjà vu un comparatif des prix dans le Nord versus ceux des grandes villes. C'est assez fou! Surtout pour les fruits et le lait. Je ne m'imagine même pas faire une épicerie à ce coût-là. Je ne mangerais clairement pas grand chose! 🙁

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