Le lagon noir · Arnaldur Indridason

 
Je suis une Erlendurette finie! Comme le retour des bourgeons, j’attends chaque année la parution d’un nouveau titre d’Indridason avec impatience. C’est assise à la terrasse d’un café, par une inespérée journée de chaleur, que j’ai débuté ce nouvel opus. Le lagon noir se situe juste après Les nuits de Reykjavik. 
 

Comme dans Les nuits de Reykjavik, Indridason fait remonter le temps à Erlendur. Cette fois, il plante son enquête en pleine guerre froide, en 1979. Le jeune Erlendur et sa chef Marion Briem enquêtent au sein de la base militaire américaine de Keflavik, après que le corps de Kristvin, un technicien en aéronautique, ait été repêché dans les eaux d’un lagon. De toute évidence, l’homme ne serait pas mort noyé, mais aurait été laissé là après une chute vertigineuse entraînant sa mort. 

L’enquête s’annonce périlleuse. L’armée américaine n’est pas chaude à l’idée de laisser la police islandaise s’immiscer dans ses affaires. Après bien des réticences, Caroline, une jeune militaire noire, officier de la base américaine, décide de collaborer et de leur prêter main-forte. En parallèle, Elendur tente, en solo, de lever le voile sur la disparition de Dagbjört, une jeune fille disparue sur le chemin de l’école. Une disparition vieille de 25 ans…

Indridason creuse chaque piste, s’intéresse aux moindres détails. Les questions sans réponses s’enchaînent et la tension monte. Il maîtrise chaque filon de son intrigue avec une fluidité implacable. La dimension historique et sociale, sur fond de marché noir et de transports de missiles nucléaires, est passionnante.

Avec Indridason – comme avec Mankell –, le plaisir de lecture ne provient pas tant de la résolution de l’enquête que de l’évolution de son personnage phare. Quel plaisir de retrouver Erlendur en début de carrière, fraîchement divorcé, père d’une gamine dont il n’a pas la garde,toujours hanté par les disparitions non résolues. Indridason a le don de construire des personnages forts et attachants. Leur profondeur, leurs histoires intimes et leurs failles m’envoûtent à chaque fois. La nature sauvage et indomptable, avec ses landes désertiques et son climat glacial, me fascine. Eric Boury réussit une fois encore à faire vibrer la plume acérée et limpide d’Indridason.

Le lagon noir, Arnaldur Indridason, Métailié, 2016, 320 p.

Note : 3 sur 5.

20 Commentaires

  1. C'est pour cette raison que j'ai arrêté de lire Erlendur. Pas possible de cautionner un pays où la bière est intedite.En fait, j'en ai lu un, il y a quelques années. Mais depuis je n'ai pas pris le temps de poursuivre les investigations. Pourtant, la nuit, le froid, l'Islande, ça me botte bien. Mais je sais que comme j'en ai plusieurs dans ma pal, j'y retournerai certainement.

  2. Journée de dingue au boulot et je finis par enfin voir ton billet, oui on est des Elendurettes ! Je l'adore et comme toi impossible de passer à côté, et tous les ans, février (cette année mars..) rime avec Islande !!!

  3. Je suis en train de le lire, et j'avais très peur d'être déçue car le précédent ne m'avait pas convaincue (je suis pourtant une Erlendurette moi aussi). Cette fois, ça démarre très bien.

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