Une année particulière · Thomas Montasser

 
Dès qu’il est question de librairie dans un roman, je succombe. Plus souvent qu’autrement, je suis déçue et reste sur ma faim. Je m’obstine pourtant. Que dire de cette Année particulière?
 
Tante Charlotte, propriétaire de la librairie Ringelnatz & Co., disparaît sans laisser de trace. Sa nièce Valérie se retrouve avec la librairie sur les bras, une petite libraire d’à peine cinquante mètres carrés au bord de la faillite.
 
Ça ne correspond pas tout à fait au plan de vie tracé par cette jeune étudiante qui vient tout juste de terminer une licence d’économie et de gestion d’entreprise. Que va-t-elle bien pouvoir faire d’une librairie? Mais voilà que, plutôt que de liquider la vieille librairie, elle va mettre tous ses efforts pour la maintenir à flots et renflouer les coffres.
 
Au final, elle passe plus de temps à lire, assise dans un vieux fauteuil, sirotant une tasse de thé. Cette non lectrice se met à lire tout ce qui lui tombe sous la main: Calvino, Kafka, Flaubert, Pessoa, Rilke… Et devinez quoi? Petit à petit, elle prend goût à sa nouvelle vie, habitée par le pouvoir de la littérature. Surpris?
 
Valérie fera la rencontre de quelques clients des plus attachants: Noé, un vieux comédien viennois, avec qui la tante entretient une mystérieuse relation; Timmi, un jeune grand lecteur; un ouvrier venu d’Orient, amoureux de poésie; et enfin, LE mystérieux inconnu (bien évidemment charmant) qui souhaite mettre la main sur Une année particulière, ce singulier livre «défectueux».
 
Cette année passée à jouer les libraires se ponctuera d’une façon très… particulière, amenant Valérie à entamer un nouveau chapitre de son existence.
 
Tous les ingrédients d’un feel good book sont ici réunis: des personnages colorés, de la légèreté et des bons sentiments, un brin de fantaisie et d’humour, sans oublier une petite romance à l’horizon. Ceux qui aiment la recette seront ravis.
 
À part ça…? Ben pas grand chose à se mettre sous la dent. Et surtout rien pour faire vibrer mes neurones et faire palpiter mon petit cœur. Je vais passer pour la casseuse de party rabat-joie, mais voilà une histoire creuse, sans surprise et beaucoup trop lisse. L’intrigue tissée autour du roman Une année particulière m’a semblé tirée par les cheveux et n’apporte pas grand chose à l’histoire. 
 
Et je retrouve encore cette manie de trop souvent décrire une librairie comme un lieu sombre, où les lustres et l’acajou brillent, avec le petit animal pas trop loin (habituellement un chat, ici un rat). Lu mille fois, ça.
 
Si vous cherchez des phrases à imprimer sur un marque-page ou à recopier dans un petit carnet, il y en a bien quelques-unes!
 
Découvrir un livre, cela signifie s’affranchir du quotidien, arracher sa propre vie à l’ici et maintenant et la replanter ailleurs le temps de la lecture.
 
La librairie elle-même était une œuvre: une anthologie d’œuvres qui constituaient son âme.
 
Mais à ce compte, je préfère encore:
 
La vraie lecture commence quand on ne lit plus seulement pour se distraire et se fuir, mais pour se trouver. Jean Guéhenno
 
Il y a des livres que l’on déguste, d’autres que l’on dévore, et quelques-uns, rares, que l’on mâche, et que l’on digère, entièrement. Cornelia Funk.
 
Une année particulière, Thomas Montasser, Presses de la cité, 2016, 176 p.
 
À part les romans ci-dessous, avez-vous d’autres titres à me suggérer dans lesquels une librairie est à l’honneur – pas trop légers s’il vous plaît?
 

Note : 1 sur 5.

30 Commentaires

  1. Il me tentait mais du coup en lisant les commentaires et ton avis, je ne pense pas sauter le pas … Sinon j'ai acheté récemment \ »La vie quand elle était à nous\ » de Marian Izaguirre qui prend pour lieu une librairie mais plutôt un prétexte pour le reste de l'histoire. Enfin je ne l'ai pas encore lu donc je ne sais pas encore à quel point est présente la librairie dans ce roman.Au passage ton blog est une très très jolie découverte 🙂

  2. Il ne faut pas tous les mettre dans le même panier! Je m'en viens avec \ »Les fondamentaux de l'aide à la personne revus et corrigés\ » de Jonathan Evison. Un pur régal!

  3. J'ai eu cette même impression avec Mr Fikry. Ce roman est totalement insipide, aucunement centré sur la librairie, personnages mal caractérisés et c'est tellement mal écrit! (à moins que cela ne soit la traduction le problème)Sinon, je te conseille vivement L'ombre du vent 🙂

  4. oui, comme toi, j'ai encore en tête une très jolie librairie à Seattle (avec un chat), j'aurais pu y rester des jours ! Je lis peu de titres avec une librairie au centre de l'histoire..

  5. Vraiment? Ça dépend de ce que tu as envie! Je retiens, parmi ces romans, \ »Le libraire de Kaboul\ » pour le choc culturel et l'Histoire, \ »La petite Chartreuse\ » pour verser quelques larmes.

  6. Une «belle déception», parce que tout de même, c'est difficile de ne pas succomber à une histoire qui se déroule dans une librairie! La librairie la plus repoussante du monde demeurera toujours un lieu magique et inspirant. Je me souviens d'une fois, à L'Échange (où je ne manquerai pas de t'amener). Léa avait trouvé un nid de fourmis. Pendant qu'elle observait les fourmis à l'oeuvre, j'ai pu bouquiner jusqu'à plus faim.Je suis juste lasse de lire des romans qui mettent toujours le même genre de librairies en scène! Ça manque de diversité!

  7. Ah! beau lapsus! Je l'avais repéré, mais sans m'arrêter. Je vais finalement mettre la main dessus. Et avec sa couverture inspirante chez Folio, en plus! Merci de la suggestion, Mior.

  8. Merci pour les suggestions, Julie. Je note \ »84 Charing Cross Road\ ». Je l'ai repéré en librairie d'occasion, format poche en plus! Ajout à ma PÀL.Pour le roman de Robin Sloan, je vais aller voir de plus près.

  9. Déçue aussi par cette \ »Bibliothèque des coeurs cabossés\ ». Et Katarina Bivald récidive avec \ »Le jour où Anita envoya tout balader\ », à paraître bientôt. Je vais passer mon tour!\ »84 Charing Cross Road\ », d'Hélène Hanff me semble incontournable. Ajout à ma PÀL.Pour ce qui est de \ »L'ombre du vent\ »… Il faudrait bien qu'un jour je tente ma chance avec Carlos Ruiz Zafón.Merci pour les suggestions, Eva.

  10. hmmm ton billet me rappelle ma lecture de la Bibliothèque des Coeurs Cabossés qui m'avait beaucoup déçue…comme Véronique le suggère au-dessus, pourquoi pas L'Ombre du Vent, qui est devenu un classique. Sinon, le seul titre qui me vient c'est 84 Charing Cross Road, d'Hélène Hanff

  11. Perso, je recommande 84, Charing Cross Road et M.Pénombre, libraire ouvert 24h. 84, Charing Cross Road est pas mal plus vieux, mais quel bonheur de lecture! Un échange épistolaire entre un libraire anglais et une femme américaine. J'ai adoré. Et M.Pénombre, je l'ai lu en anglais, alors je ne sais pas si la traduction est bonne. Bonne lecture!

  12. Alors là, c'est une colle. Dans le style étrange, il y a bien L'ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon, puisqu'on y trouve un cimetière des livres oubliés. Un livre conseillé par une amie qui fut finalement un bon moment de lecture.

  13. Je vois ce que tu veux dire, l'impression de déjà lu. Les titres que tu proposes, j'en ai lu, donc ne peux te les suggérer; sinon tu connais The shop around the corner? Je crois qu'il y a une librairie la dedans, mais est ce roman ou film? Je ne sais plus trop.

  14. Jolie couverture mais histoire creuse .. lisse et une petite étoile ! Je crois qu'on aime tant les livres qu'il est impossible d'accepter une vision négative d'une librairie 😉 ton billet était plutôt positif au départ et paf il retombe vite l'enthousiasme ! J'ai entendu parler du premier livre (les coeurs cabossés) – apparemment beaucoup de succès mais j'ai vu pas mal de critiques négatives, je ne connais pas les autres. J'attends les avis des autres internautes 😉 Une librairie c'est un endroit magique pour moi ! et pas sombre du tout bien au contraire,tout s'illumine quand on passe la porte !

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