Wild · Cheryl Strayed

 
Cheryl a vingt-deux ans lorsque son monde s’écroule: sa mère adorée meut à quarante-cinq ans d’un cancer du poumon.
 
Il ne m’était jamais venu à l’esprit que ma mère puisse mourir. Jusqu’à sa mort, cette idée était restée inconcevable. Ma mère était un monolithe incontournable, le gardien de mes jours.
 
S’ensuit une plongée dans l’abîme: elle trompe son mari en couchant à droite et à gauche, elle se pique à l’héroïne, elle laisse son mari qu’elle aime encore.
 
Quatre ans plus tard, déprimée, au bout du rouleau, elle tombe par hasard sur un livre: The Pacific Crest Trail, Volume 1: California. Sur un coup de tête, elle décide de partir et de s’attaquer à la Pacific Crest Trail (PCT), de la Californie à l’Oregon. 1770 kilomètres! Le but? Se retrouver et devenir la femme qu’elle était avant la mort de sa mère. Cheryl n’a pas le moindre idée de ce qui l’attend. Pour cette randonneuse du dimanche, l’aventure sera épique, mais ces quelques mois lui sauveront la vie.
 
Depuis le temps que je voulais lire le récit de Cheryl Strayed, c’est maintenant chose faite. Je devais bien être la seule à ne pas avoir lu Wild. Et je suis sans doute la seule à ne pas encore avoir vu le film.
 
Impossible de ne pas être envoûtée par Wild. Impossible de ne pas éprouver d’empathie pour cette fille forte. Sa détermination est terriblement inspirante et son authenticité marquante. Rien n’est passé sous silence: la douleur physique, la chaleur, la solitude, les doutes, la faim, les ampoules aux pieds, les ongles d’orteil qui tombent, sans parler des serpents à sonnettes et des ours!
 
Le passé et le présent alternent, apportant une profondeur et une densité à l’ensemble. Entre la mort de la mère, l’adultère, la drogue, le divorce, la grossesse et l’avortement, la relation chaotique avec ses frères et sœurs, l’histoire de Cheryl n’a peut-être rien d’extraordinaire! Là où elle se démarque, c’est dans le besoin de Cheryl de prendre sa vie par le cou et d’aller de l’avant, de ne jamais céder au désespoir, d’affronter ses plus grandes peurs et de dépasser ses limites.
 
Les livres accompagnent Cheryl tout du long de son périple. D’abord sa bible, The Dream of a Common Language d’Adrienne Rich. Lolita de Nabokov, les nouvelles de Flannery O’Connor et Tandis que j’agonise de Faulkner trouvent également une place dans son sac à dos. Pour l’alléger, elle déchire les pages lues au fur et à mesure.
 
L’écriture de Cheryl Strayed est d’une grande fluidité, légère. Wild déborde d’images saisissantes. La nature, tant sa beauté que son hostilité, et les grands espaces sont divinement décrits.
 
Un récit poignant, sincère. Un livre culte. Le genre de lecture qui secoue et ébranle. À lire ou à relire lorsqu’on est tenté de se laisser glisser sur la pente de l’apitoiement.
 
Wild, Cheryl Strayed, 10/18, 2014, 504 p.
 

Note : 3 sur 5.

© unsplash / Amanda Sandlin

35 Commentaires

  1. Les fameuses restrictions de poids… Ça en limite plusieurs. Et dire que je devrai ramener près de 30 livres l'été prochain à Electra à Nantes. Je me demande bien où je vais mettre mon linge. Est-ce ce qu'on peut s'habiller en plusieurs couches? Si oui, je risque d'avoir 4-5 épaisseurs sur le corps à mon arrivée!

  2. Nous sommes au moins deux !Mais il est dans ma liste depuis longtemps j'ai failli l'acheter pour les vacances mais il y a des restrictions de poids dans les avions.

  3. Oh le fameux billet ! Je me souviens de toi quand tu as commencé sa lecture ! Je t'avais prévenu ! Un énorme coup de cœur pour moi 😉 Et le film est en plus très fidèle au roman. Vraiment un livre à garder à ses côtés PS : bizarre ton billet n'apparait ni sur FB, ni sur Google + ….

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