Des poches dans la poche · janvier 2017

J’ai fait une pause de poches dans la poche en décembre, puisqu’il n’y avait aucune sortie qui m’intéressait. Janvier venu, c’est une toute autre paire de manches. Les tentations pleuvent! Voici celles que j’ai repérées.

dans la catégorie lu et approuvé


Ma première incursion dans l’oeuvre de Pascal Manoukian. J’en tremble encore. Un roman marquant et nécessaire.


1992. Lampedusa est encore une petite île tranquille et aucun mur de barbelés ne court le long des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Virgil, le Moldave, Chanchal, le Bangladais, et Assan, le Somalien, sont des pionniers. Bientôt, des millions de désespérés prendront d’assaut les routes qu’ils sont en train d’ouvrir. Arrivés en France, vivants mais endettés et sans papiers, les trois clandestins vont tout partager, les marchands de sommeil et les négriers, les drames et les petits bonheurs.




Une bonne nouvelle que la publication en poche de ce roman finlandais paru au début 2015. J’en garde un très agréable souvenir. Une histoire un tantinet rabâchée, mais mordante comme j’aime.


Max Paul, célèbre dans les années 1990 pour son étude sur la vie sexuelle des Finlandais, est un sociologue réputé. Sa femme, Katriina, est DRH dans un hôpital; ils vivent dans un appartement spacieux au cœur d’Helsinki. Au premier abord, ils forment la famille idéale de la classe moyenne scandinave. Mais, à y regarder de près, le tableau n’est pas si idyllique: Max désespère de pouvoir terminer un jour son nouveau livre, son couple bat de l’aile, et ses deux filles mènent leur vie sans lui. Quand, Laura, l’une de ses anciennes étudiantes, devenue journaliste, lui propose de l’interviewer pour son soixantième anniversaire, il accepte sans hésiter…



Un polar rural envoûtant. Un de plus, oui!


Hiver 1972. Bittersmith, bled perdu du Wyoming. Burt Haudesert gît dans sa grange, la gorge transpercée par une fourche. Pour le shérif, un seul coupable possible: Gale G’Wain, garçon de ferme orphelin venu d’ailleurs. Pour preuve, il a pris la fuite avec la fille de la victime, celle qui a de curieuses visions quand quelqu’un va mourir. Le shérif n’a que 24 heures pour les rattraper: demain, il sera à la retraite. Aussi mène-t-il la chasse au couple avec une férocité redoublée et l’aide d’une milice, la Loge, alors que la tempête de neige menace. Mais il apparaît vite que l’esprit de justice n’est pas le seul motif qui l’anime… Dans un décor hostile et lumineux, seuls le fracas des armes et les cris de haine des hommes troublent le silence. La traque prend une dimension poignante au fur et à mesure que l’insoupçonnable vérité se dessin.


ILLSAKA / LE MAL – EIRIKUR ORN NORDDAHL – POINTS

Reykjavik, 2009. Agnes et Omar se rencontrent à une station de taxis. Ils font l’amour. Agnes est juive et rédige une thèse sur l’extrême droite. Obsédée par l’Holocauste, elle a la guerre dans la tête et dans le cœur. Agnes aime Omar qui aime Agnes qui aime aussi Arnor, un néonazi. Agnes se perd en elle-même. Omar s’enfuit. Le fascisme et ses avatars contemporains n’ont pas fini de hanter leur existence.



dans la catégorie le grand format m’attend
SANDRINE COLLETTE – IL RESTE LA POUSSIÈRE – LIVRE DE POCHE

Patagonie. Dans la steppe balayée par des vents glacés, Rafael est le dernier enfant d’une fratrie de quatre garçons. Depuis toujours, il est martyrisé par ses frères aînés. Leur père a disparu. Leur mère ne dit rien, perpétuellement murée dans un silence hostile. Elle mène ses fils et son élevage de bétail d’une main inflexible, écrasant ses rejetons de son indifférence. Alors, incroyablement seul, Rafael se réfugie auprès de son cheval et de son chien. Dans ce monde qui meurt, où les petites fermes sont remplacées par d’immenses domaines, l’espoir semble hors de portée. Et pourtant, un jour, quelque chose va changer. Rafael parviendra-t-il à desserrer l’étau de terreur et de violence qui l’enchaîne à cette famille?




dans la catégorie vous ne m’échapperez pas

FEMME NUE JOUANT CHOPIN – LOUISE ERDRICH – LIVRE DE POCHE

Après La Décapotable rouge, voici le second volume des nouvelles de Louise Erdrich. On y retrouve la genèse de ce qui a constitué, au fil des livres, l’univers de Louise Erdrich, de Love Medicine à Dans le silence du vent: le Dakota du Nord, le monde indien, un réalisme à la fois magique et poétique, la passion secrète qui habite ses personnages et la puissance d’évocation de ses histoires. Louise Erdrich explore ces émotions et ces sentiments qui nous rendent humains, distille des vies en quelques pages, insufflant à ses histoires une dimension à la fois singulière et universelle.





FAY– LARRY BROWN – TOTEM GALLMEISTER

À 17 ans à peine, Fay fuit une vie de misère. Elle s’élance sur les routes du Mississippi pour gagner la mer et un autre avenir. Elle n’a pas mis les pieds à l’école depuis longtemps, ignore beaucoup des règles de la vie en société et ne sait pas vraiment ce que les hommes attendent des femmes. Belle, lumineuse et parfois inconsciente, elle trace sa destinée au hasard de ses rencontres, s’abandonnant aussi facilement qu’elle prend la fuite. Mais cette femme-enfant qui ne réalise qu’à demi l’emprise qu’elle exerce sur ceux qui croisent son chemin, laissera dans son sillage une traînée de cendre et de sang.



dans la catégorie je suis tentée

L’AMOUR DES LOVING – GILLES BIASSETTE – POINTS

Aux États-Unis, en 2008 peu après l’élection de B. Obama, le journaliste John Bouvier est chargé d’interviewer un ancien sénateur de Virginie, défenseur de la ségrégation dans les années 1950 et 1960. Au fil de l’entretien, Harry Connors lui confie avoir profité de l’interdiction des mariages mixtes pour empêcher Mildred Jeter, son amour de jeunesse, d’épouser celui qu’elle aimait. Premier roman.








ATTRACTION – GUILLAUME LE TOUZE – BABEL

Lors d’un voyage en Grèce, Irène fait la connaissance de Martine et de sa fille handicapée, Sidonie. Pour éviter l’embarras que suscite parfois le comportement de Sidonie en société, Martine la tient à l’écart des autres autant que possible. À l’écart, c’est aussi là que se trouve Irène, en équilibre fragile entre le réel et toutes les variations imaginaires qu’elle lui préfère. Entre Irène et Sidonie naît immédiatement une tendresse extraordinaire. L’une comme l’autre incapables d’affronter la réalité, elles tentent ensemble l’échappée belle. En explorant les multiples versants de la différence, Guillaume Le Touze sonde des âmes étonnantes, celles de personnes qui refusent leur histoire et réinventent leur vie pour dissimuler un souvenir, un passé qui les met en danger et que pourrait peut-être anéantir le prisme du mensonge.



LE PRÊTEUR SUR GAGES – EDWARD LEWIS WALLANT – POINTS

La vie n’est plus qu’une mauvaise plaisanterie pour Sol Nazerman. Rescapé des camps de concentration, il a vu périr sa femme et ses enfants. Ancien professeur devenu prêteur sur gages à Harlem, il affronte chaque journée en somnambule cynique et insensible. Quand son assistant Jesus Ortiz s’interpose lors d’un braquage pour lui sauver la vie, Sol voit bien malgré lui son humanité refaire surface…








PETIT PIMENT – ALAIN MABANCKOU – POINTS

Jeune orphelin de Pointe-Noire, Petit Piment effectue sa scolarité dans une institution placée sous l’autorité abusive et corrompue de Dieudonné Ngoulmoumako. Arrive bientôt la révolution socialiste, les cartes sont redistribuées. L’aventure commence. Elle le conduira notamment chez Maman Fiat 500 et ses dix filles, et la vie semble enfin lui sourire dans la gaité quotidienne de cette maison pas si close que ça, où il rend toutes sortes de services. Jusqu’à ce que ce bonheur s’écroule. Petit Piment finit par perdre la tête, mais pas le nord : il sait qu’il a une vengeance à prendre contre celui qui a brisé son destin. Dans ce roman envoûté et envoûtant, l’auteur renoue avec le territoire de son enfance, et sait parfaitement allier la naïveté et la lucidité pour nous faire épouser le point de vue de ses personnages.


dans la catégorie à fuir


Un très mauvais roman que j’ai eu le malheur de lire jusqu’au bout.

Canada, Ontario, un parc naturel sur les rives du lac Opeongo. Anna, 5 ans, et le petit « Sticky » campent avec leurs parents lorsqu’ils sont surpris en pleine nuit par un gros « chien noir ». Le lendemain, la fillette découvre qu’elle et Stick sont désormais seuls, et que c’est à elle, la « grande », de protéger son frère. Débute alors pour les deux enfants une dangereuse errance… Inspiré d’une histoire vraie, cet extraordinaire récit de survie entre Into the Wild et Room est raconté avec une tendresse déchirante à hauteur d’enfant. Un livre inoubliable.

26 commentaires

  1. OUI, il faut le sortir de ta PAL, et ça urge!\ »Illska\ » est une expérience de lecture. Oui pour l'expérience, mais pour l'intrigue, ça virevolte trop à mon goût. Je lirai toutefois son prochain roman, à paraître sous peu.

  2. Je serais très curieuse d'avoir ton avis sur ce fameux \ »Ours\ ». Il avait vraiment tout pour me plaire, c'est bien ça le pire! Et la critique qui m'avait faite acheter le roman était dithyrambique. C'est bien pour dire!

  3. \ »Illska\ » était… déroutant. Je n'ai pas autant détesté que toi, mais je suis très perplexe.Je compte lire bientôt (si les sp peuvent arrêter!), \ »Il ne reste que la poussière\ », mon premier roman de l'auteure. J'en ai feuilleté quelques pages et, ma foi, c'est de très bon augure. D'autant plus que de côté romans français, je suis fine bouche!\ »Père et fils\ »… J'ai eu la piqure de lire toute l'oeuvre de Larry Brown après la lecture de ce roman éprouvant et renversant.\ »L'ours\ »… tellement mauvais!

  4. Dans toute cette liste je ne connais que MANOUKIAN… Mais le résumé de \ »Fay\ » m'intéresse!J'ai été lire ton billet sur \ »L'ours\ »… j'ai ri! et puis j'ai été voir d'autres chroniques qui étaient assez positives (en tout cas plus que la tienne!) et j'aimerais le lire juste pour voir .

  5. J'ai détesté Illska ! par contre c'est par \ »Il ne reste que la poussière\ » que j'ai découvert Sandrine Collette, c'est un roman marquant et déroutant.Je note Fay, mais je lirai d'abord \ »Père et fils\ ».Et j'aime le principe de la catégorie \ »à fuir\ » : une petite piqûre de rappel ne fait pas de mal !

  6. Si tu veux t'éclater de rire, consomme \ »L'ours\ », mais le billet «montée de lait» que j'avais écrit t'en dissuadera peut-être!Dommage pour le Sandrine Collette. Comme j'ai le grand format dans ma PAL, et surtout parce que je lis peu d'auteurs français, je vais lui donner sa chance! On verra bien.Heureuse de savoir que je ne suis pas la seule à avoir lu ce roman de Philipp Teir! Oui, une bien belle découverte. Je lirais ses prochains romans (s'ils peuvent être enfin traduits!).

  7. Je t'encourage à lire \ »L'ours\ », alors! Vu sa couverture et son thème, j'aurais sûrement craqué.J'attends que \ »Fay\ » se pointe au Québec pour mettre la main dessus. Depuis mon gros coup de coeur pour \ »Père et fils\ », je compte lire toute l'oeuvre (pas si volumineuse) de Larry Brown.

  8. Chanceuse pour \ »Fay\ ». Il ne sort pas ici avant la fin du mois… Pour \ »L'ours\ », je te laisse te faire ton propre avis. J'avais écrit un billet «montée de lait» sur ce mauvais roman!

  9. Je craquerai volontiers pour l'Ours, à déguster fourré avec un petit piment.Je laisse volontiers Sandrine Collette, je viens d'en lire un qui ne pas intéressé.Par contre, j'avais lu aussi le Philipp Teir à sa sortie. Une très belle découverte nordique (comme quoi, y'a pas que des polars là-haut ; y'a aussi de la naige en hiver, mais ça doit pas vraiment te dépayser)

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