Rentrée littéraire · hiver 2018 · repérage

Enfin, je vais pouvoir respirer un peu. Les titres qui me tentent en cette rentrée d’hiver sont moins nombreux que je ne l’appréhendais. Mon hiver livresque sera plutôt sage, quoique très prometteur. Des retrouvailles attendues, un incontournable et plusieurs curiosités. Je vais y aller avec modération! Je laisse les quatrièmes de couverture faire leur boulot.


DES RETROUVAILLES…

PHÉNOMÈNES NATURELS – JONATHAN FRANZEN – DE L’OLIVIER

J’ai adoré Les corrections et Freedom. Purity m’a ennuyée. J’espère qu’avec ces Phénomènes naturels, je retrouverai le Jonathan Franzen caustique que j’apprécie.


Louis Holland, jeune homme passionné par l’univers de la radio, vient de s’installer dans la région de Boston. Sa vie suit un cours normal, entre petits boulots et relations familiales compliquées, jusqu’au jour où un phénomène naturel vient tout remettre en cause. Ce n’est qu’un séisme de faible magnitude, mais il a une répercussion inattendue, car la seule victime n’est autre que l’excentrique grand-mère par alliance de Louis Holland. Laquelle laisse derrière elle une fortune estimée à 22 millions de dollars, provoquant déchirures et affrontements dans le clan Holland… La comédie familiale se mue en véritable roman politique quand Louis rencontre sur la plage une sismologue de Harvard. Celle-ci pense avoir découvert l’origine du tremblement de terre et de ses répliques, mettant en cause une entreprise pétrochimique. Pendant ce temps, une secte antiavortement, voyant dans les catastrophes la marque d’une réprobation divine, compte bien se servir de tout cela pour avoir une influence dans le débat public… Publié à l’origine en 1992, ce roman de Jonathan Franzen est aussi drôle et grinçant que Les Corrections, aussi addictif que Freedom et Purity. On y trouve, en germes, le talent polymorphe d’un grand écrivain et sa maîtrise impeccable de l’intrigue.


LAROSE – LOUISE ERDRICH – ALBIN MICHEL

Dakota du Nord, 1999. Un vent glacial souffle sur la plaine et le ciel, d’un gris acier, recouvre les champs nus d’un linceul. Ici, des coutumes immémoriales marquent le passage des saisons, et c’est la chasse au cerf qui annonce l’entrée dans l’automne. Landreaux Iron, un Indien Ojibwé, est impatient d’honorer la tradition. Sûr de son coup, il vise et tire. Et tandis que l’animal continue de courir sous ses yeux, un enfant s’effondre. Dusty, le fils de son ami et voisin Peter Ravich, avait cinq ans. Ainsi débute le nouveau roman de Louise Erdrich, couronné par le National Book Critics Circle Award, qui vient clore de façon magistrale le cycle initié avec La Malédiction des colombes et Dans le silence du vent. L’auteur continue d’y explorer le poids du passé, de l’héritage culturel, et la notion de justice. Car pour réparer son geste, Landreaux choisira d’observer une ancienne coutume en vertu de laquelle il doit donner La Rose, son plus jeune fils, aux parents en deuil. Une terrible décision dont Louise Erdrich, mêlant passé et présent, imagine avec brio les multiples conséquences.


CEUX D’ICI – JONATHAN DEE – PLON

Howland, petite ville du Massachusetts, attire de nombreux riches vacanciers venus de New York. Mark, lui, fait partie des locaux. Entrepreneur en bâtiment, il peine à joindre les deux bouts depuis un placement hasardeux. Lorsque Philip Hadi, un richissime gestionnaire de fonds d’investissement, s’installe dans la maison d’à côté, cela ne se fait pas sans heurt. Le quotidien de Mark et de sa famille se transforme lentement… Quand Hadi se lance en politique et devient maire de Howland, modelant par petites touches la ville à son image, le fossé se creuse encore un peu entre le New-Yorkais et les habitants de la petite ville. Réussissant à capter un moment d’histoire, Ceux d’ici met en lumière les défis auxquels sont confrontés les États-Unis aujourd’hui: les inégalités toujours plus fortes, la paupérisation des classes moyennes et la montée d’un nouvel autoritarisme. Surtout, c’est la fin du rêve américain que Jonathan Dee analyse et met en scène de main de maître. Un roman social non seulement brillant, mais aussi inquiétant de réalisme. 




4 3 2 1 – PAUL AUSTER – ACTES SUD

Je me laisserai peut-être tenter par le nouveau roman de Paul Auster, que j’ai délaissé ces dernières années.


Le premier roman de Paul Auster en sept ans. Une architecture narrative inédite. Une expérience de lecture inoubliable. Un roman-kaléidoscope où un personnage, Ferguson, incarne toutes les figures du destin protéiforme que le monde et l’Amérique des années 1950 furent susceptibles de proposer à l’individu, de l’enfance à l’entrée dans l’âge adulte. Tout en restant fidèle aux obsessions littéraires qui sont les siennes, Paul Auster, avec cet ambitieux et ample nouveau roman, renouvelle et détourne brillamment le genre du roman initiatique en le confrontant à l’Histoire du 20e siècle.



UN INCONTOURNABLE…

UNE VIE COMME LES AUTRES – HANYA YANAGIHARA – BUCHET CHASTEL

Une vie comme une autre de Hanya Yanagihara est un livre phénomène – un livre phénoménal. Le roman balaie plusieurs décennies de la vie de quatre amis de fac venus conquérir New York. Commencé comme un roman d’apprentissage classique, le texte met en scène Malcolm, un jeune architecte métisse, JB un aspirant peintre d’origine haïtienne, Willem, que ses origines scandinaves ont doté d’une beauté froide et fatale, qui tente de faire décoller sa carrière d’acteur, et enfin le mystérieux Jude, dont on ne sait rien ou presque si ce n’est qu’il se lance dans une carrière d’avocat. Alors que chacun des quatre amis se construit peu à peu, succès professionnels fulgurants, échecs personnels et traumas se succèdent. Imperceptiblement, la trame narrative se concentre sur l’énigmatique Jude, véritable étoile noire et personnage-clef de ce récit qui s’étend sur trente ans et embrasse comme rarement les vies intérieures et les destins de ces personnages, confinant ainsi le lecteur dans une position à la fois indiscrète et immensément bienveillante. Épopée romanesque d’une incroyable intensité, panorama poignant de ce que recouvre et implique l’amitié masculine et l’amour contemporains, Une vie comme une autre interroge de manière saisissante nos dispositions à l’empathie et l’endurance de chacun à la souffrance, la sienne propre comme celle d’autrui.




DES CURIOSITÉS…

LE SERPENT DE L’ESSEX – SARAH PERRY – CHRISTIAN BOURGOIS

J’attendais la traduction de ce roman avec impatience. La faute au billet tentateur d’Electra.


Cora Seaborne, jeune veuve férue de paléontologie, quitte Londres en compagnie de son fils Francis et de sa nourrice Martha pour s’installer à Aldwinter, dans l’Essex, où elle se lie avec le pasteur William Ransome et sa famille. Elle s’intéresse à la rumeur qui met tout le lieu en émoi: le Serpent de l’Essex, monstre marin aux allures de dragon apparu deux siècles plus tôt, aurait-il ressurgi de l’estuaire du Blackwater? Dans un cadre marqué par une brume traversée d’étranges lumières, Cora Seaborne construit sa liberté. En cette fin d’ère victorienne dont les problèmes sociaux ne doivent pas faire oublier les triomphes, nous suivons, au gré de leurs aventures et de leur correspondance, des hommes qui s’acceptent tels qu’ils devraient être, des femmes qui découvrent devoir être ce qu’elles sont et un monstre effroyable qui redevient ce qu’il était.



LA RÉCEPTIONNISTE  – JANET GROTH – ÉDITIONS DU SOUS-SOL

Janet Groth entre au New Yorker en 1957 – pour en repartir en 1978. Vingt-et-un ans de bons et loyaux services derrière le desk du plus prestigieux magazine américain. Elle y débarque toute jeune femme – dix-neuf ans, belle, ambitieuse, des étoiles plein les yeux et des rêves plein la tête – elle en ressort diplômée de littérature et professeur. Car au 18e étage de la mythique revue, Janet rêve d’écrire, un jour… Mais avant cela, il s’agit de répondre au téléphone, conseiller, accompagner, raccompagner, rassurer les conjoints, transmettre les messages de cette faune cosmopolite d’auteurs à contenter. Parmi ces personnages haut en couleur, on retrouve Joseph Mitchell avec qui elle déjeune tous les vendredis, Muriel Spark, dont elle recueille les confidences ou encore E. B. White, un des auteurs phares du magazine. Et bien d’autres. Alors que la révolution sexuelle est en marche, Janet se libère, expérimente et s’interroge. Sur les hommes. Et sur la place des femmes dans une société civile et littéraire encore étriquée. Curieuse et entière, elle livre sans fausse pudeur ses passions d’un été, ses histoires amoureuses déçues autant que ses relations parfois houleuses avec certains de ses collègues masculins. Vrai-faux roman d’apprentissage, Janet Groth dépeint dans La Réceptionniste le quotidien de ce temple du journalisme et par là-même une galerie de portraits d’une fraîcheur réjouissante. Un univers à la Mad Men: sorte de Peggy Olson, Janet Groth nous guide en coulisse, derrière le bureau de la réception, là où toutes les (bonnes) histoires commencent.



PRIÈRE POUR CEUX QUI NE SONT RIEN – JERRY WILSON – SERPENT À PLUMES

Bienvenue à Boise, Idaho, bienvenue dans les parcs et les réserves naturelles de la ville, bienvenue en enfer. Ici vous trouverez des essences rares de pins, des peupliers de Virginie, des écureuils bruns et des alcooliques rougeauds dévorés par les puces, sentant la merde et le vomi, qui donneraient leur mère, s’ils l’avaient connue, contre un cubi de rouge. Welcome to Boise! Jerry Wilson a travaillé comme garde municipal dans ces parcs. Il a nettoyé jour après jour les canettes de bières, les taches les plus invraisemblables, les traces laissées par la lie de l’humanité. Il est devenu ami avec les clochards, les paumés, les homeless qui vivent sous des toits en moquette pourrie, aux pieds des arbres parmi les étrons, ou sous les ponts, dans des niches en béton. Il les a écouté déblatérer, a écouté leurs mensonges, leurs bravades. En nettoyant leurs déjections. Mais surtout il les a aimé. Ces gens-là ne durent pas bien longtemps. La plupart seront déjà morts quand vous lirez ces lignes. En leur mémoire, Prière pour ceux qui ne sont rien, Jerry Wilson a voulu témoigner de leur existence et du génie éternel de ces clochards célestes de l’Idaho. En véritable héritier de Bukowski et Steinbeck, Jerry Wilson donne la parole aux délaissés de l’Amérique de Trump. Une Amérique à la fois pathétique et émouvante.




DE L’AUTRE CÔTÉ DE LA MONTAGNE – KEVIN CANTY – ALBIN MICHEL

Idaho, début des années 1970. À Silverton, petite bourgade paisible où vit une communauté soudée, la majeure partie des emplois provient de la mine de charbon. La vie y suit son cours, jusqu’au jour où un terrible incendie se déclare dans la mine et fait de nombreuses victimes. Tous les habitants ou presque perdent un être cher dans cette tragédie; une onde de choc et de chagrin saisit toutes les familles. À la manière de Russell Banks dans De beaux lendemains, Kevin Canty, en décrivant le destin de plusieurs personnages, dont Jordan, une jeune veuve mère de jumeaux, et David, un étudiant qui cherche à repartir de zéro en s’installant dans une autre ville, parvient à saisir la force intérieure des hommes et des femmes quand il s’agit de faire face au drame et à l’inacceptable. Inspiré de faits réels, De l’autre côté des montagnes nous entraîne dans le passé de ces petites villes où les habitants n’ont comme seule échappatoire à la dureté de leur existence que les soirées à boire entre copains. Mais à travers le parcours et le chagrin des personnages qui peuplent cette histoire, celle-ci acquiert une véritable dimension universelle.




LOLITO – BEN BROOKS – LA BELLE COLÈRE

Etgar est encore un gamin, mais écrit déjà des lettres imaginaires à ses propres enfants à ne pas naître. Etgar n’aimerait boire que du thé, mais s’enfile bière sur bière. Les amis d’Etgar pleurent, comme lui, mais lorsqu’ils discutent, c’est toujours en rigolant. Il parcourt les rues grises de sa ville, mais c’est sur Internet qu’Etgar est trahi. C’est aussi là qu’il va découvrir l’amour, un amour chaleureux et étrange, dans le confort d’une femme mûre, aussi impuissante face à la vie que lui. Lolito c’est L’Attrape-coeurs avec connexion haut débit, un Wes Anderson cauchemardesque et un roman d’apprentissage 2.0. Lolito est une merveille écrite par l’un des meilleurs chroniqueurs de sa génération, loué par Nick Cave et acclamé par la critique britannique.




DANS LA GRANDE VIOLENCE DE LA JOIE – CHANELLE BENZ – SEUIL

Les tribulations d’un frère et d’une sœur braqueurs de banque promis à la potence dans l’ouest américain. Une bande d’enfants tentant d’aider leur voisine à retrouver son amour de jeunesse, quitte à pervertir les règles du conte de fées. Une fille de diplomate plongée dans les eaux troubles et dangereuses des services secrets. Une esclave poète traversant le Sud ségrégationniste et récitant ses sonnets devant la bonne société. Un archéologue découvrant son propre passé dans les décombres d’une secte millénariste. Violence, trahison, vengeance et filiation – tels sont les fils rouges de ce recueil qui revisite avec panache le panorama des lettres d’Amérique. En dix nouvelles étourdissantes de variété, Dans la grande violence de la joie tord le cou à la langue et se joue de toutes les frontières pour créer un univers chatoyant, peuplé d’héroïnes puissantes et tarantinesques en diable. Iconoclaste, poétique, polymorphe, l’écriture de Chanelle Benz est un enchantement sans cesse renouvelé, qui met en scène les pouvoirs de l’imagination et démontre avec éclat que la fiction peut demeurer une grande aventure.



JUSTE APRÈS LA VAGUE – SANDRINE COLLETTE – DENOËL

Une petite barque, seule sur l’océan en furie. Trois enfants isolés sur une île mangée par les flots. Un combat inouï pour la survie d’une famille. Il y a six jours, un volcan s’est effondré dans l’océan, soulevant une vague titanesque, et le monde a disparu autour de Louie, de ses parents et de ses huit frères et sœurs. Leur maison, perchée sur un sommet, a tenu bon. Alentour, à perte de vue, il n’y a plus qu’une étendue d’eau argentée. Une eau secouée de tempêtes violentes, comme des soubresauts de rage. Depuis six jours, ils espèrent voir arriver des secours, car la nourriture se raréfie. Seuls des débris et des corps gonflés approchent de leur île. Et l’eau recommence à monter. Les parents comprennent qu’il faut partir vers les hautes terres, là où ils trouveront de l’aide. Mais sur leur barque, il n’y a pas de place pour tous. Il va falloir choisir entre les enfants. Une histoire terrifiante qui évoque les choix impossibles, ceux qui déchirent à jamais. Et aussi un roman bouleversant qui raconte la résilience, l’amour, et tous ces liens invisibles mais si forts qui soudent une famille.


LES LOYAUTÉS – DELPHINE DE VIGAN – JC LATTÈS

Les destins croisés de quatre personnages: Théo, enfant de parents divorcés; Mathis, son ami, qu’il entraîne sur des terrains dangereux; Hélène, professeure de collège à l’enfance violentée, qui s’inquiète pour Théo; Cécile, la mère de Mathis, qui voit son équilibre familial vaciller. Une exploration des loyautés qui les unissent ou les enchaînent les uns aux autres.







ARIANE – MYRIAM LEROY – DON QUICHOTTE

Elles sont collégiennes et s’aiment d’amour dur. L’une vient d’un milieu modeste et collectionne les complexes. L’autre est d’une beauté vénéneuse et mène une existence légère entre sa piscine et son terrain de tennis. L’autre, c’est Ariane, jeune fille incandescente avec qui la narratrice noue une relation furieuse, exclusive, nourrie par les sévices qu’elles infligent aux autres. Mais leur histoire est toxique et porte en elle un poison à effet lent, mais sûr. Premier roman sur une amitié féroce, faite de codes secrets et de signes de reconnaissance, à la vie à la mort.







URGENCES ET SENTIMENTS – KRISTOF MAGNUSSON – MÉTAILIÉ

Toutes les nuits, Anita, médecin urgentiste, parcourt Berlin dans une ambulance de premiers secours. Elle aime son métier et le fait bien, sauve des vies à un rythme digne des meilleures séries télé au cours d’opérations méticuleuses qu’on suit avec passion, dans une ville tentaculaire qui ne fonctionne pas si bien que ça. Le jour, elle essaie de survivre aux complications de sa vie sentimentale qu’elle mène avec une incroyable maladresse. Son mari, médecin, l’a quittée pour une femme douée pour la décoration intérieure, qui désire une vie parfaite de confort et d’élégance. Son fils adolescent a l’air de préférer ce confort aux capacités d’improvisation de sa mère. Un roman au rythme entraînant et au timing totalement maîtrisé.




DÉBÂCLE – LIZE SPIT – ACTES SUD

À Bovenmeer, un petit village flamand, seuls trois bébés sont nés en 1988: Laurens, Pim et Eva. Enfants, les «trois mousquetaires» sont inséparables, mais à ladolescence leurs rapports, insidieusement, se fissurent. Un été de canicule, les deux garçons conçoivent un plan: faire se déshabiller devant eux, et plus si possible, les plus jolies filles du village. Pour cela, ils imaginent un stratagème: la candidate devra résoudre une énigme en posant des questions; à chaque erreur, il lui faudra enlever un vêtement. Eva doit fournir lénigme et servir d’arbitre si elle veut rester dans la bande. Elle accepte, sans savoir encore que cet «été meurtrier» la marquera à jamais. Treize ans plus tard, devenue adulte, Eva retourne pour la première fois dans son village natal. Cette fois, cest elle qui a un plan…



Attention, amis français et belges, deux grosses pointures québécoises arriveront chez vous en janvier. Même si les couvertures ne sont pas transcendantes, ne les manquez surtout pas. Dabord, Le poids de la neige de Christian Guay-Poliquin, dont jai abondamment parler ici et là. Ne manquez pas non plus Taqawan dÉric Plamondon. Un bijou de finesse et dintelligence dont je vous parlerai tout bientôt.


Il me restera à éplucher les titres de la rentrée québécoise et à repérer ceux qui me font de l’oeil. De ce côté, ça se passe plutôt en janvier. À suivre, donc. 

51 Comments

  1. c'est une valeur sure normalement

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