Bilan livresque · septembre 2018

Mon mois de septembre sest avéré à la fois chaotique et exaltant. Les rénovations épineuses de ma cuisine ont occupé le plus clair de mon temps. Fort heureusement, le mois a été entrecoupé par ma courte et intense virée au Festival America. Pour un compte rendu détaillé de mes péripéties, je vous invite à lire le billet détaillé de Cendrillon-Electra. Son anglais impeccable m’a ouvert des portes et sauvé la face à maintes reprises. Grâce à elle, j’ai pu faire dédicacer La souplesse des os de D.W. Wilson, un recueil que jattendais depuis belle lurette. J’ai aussi fait déshabiller Christian Kiefer, l’auteur de Les animaux, pour prendre une photo de son impressionnant tatouage. Vincennes: des lieux magiques et une atmosphère électrisante. L’accessibilité des auteurs, leur gentillesse et leur simplicité sont remarquables. On est loin de la grosse machine des salons du livre traditionnels. Et c’est tant mieux!
 

Deux dames et moi avons eu le bonheur de partager un petit déjeuner informel avec Dan Chaon et Hélène Fournier, son excellente traductrice. La complicité, vieille de vingt ans, entre eux m’a sincèrement émue. Une relation auteur-traductrice si riche fait figure d’exception. Alors là, quel homme, ce Dan! Humble, charismatique et drôle. J’ai pu connaître lexplication des nombreux blancs dans le corps du texte de Une douce lueur de malveillance. J’ai aussi connu le titre d’un roman encensé par tous qu’il a détesté (tout comme moi)!

J’ai été plus que ravie de rencontrer et de revoir certaines pour l’occasion (vous vous reconnaissez?). J’ai enfin pu mettre un visage sur des blogueuses et instagrameuses que je suis depuis longtemps. Qui a dit que les réseaux sociaux, c’était du faux?! 

 
J’ai évidemment fait le plein de livres. On m’en a offert, j’en ai achetés – seulement quelques-uns! Comme plusieurs romans n’arriveront au Québec qu’en octobre, j’en ai bien profité. Je retournerai au festival dans deux ans, mais cette fois-là ce sera du début à la fin.


· LECTURES DU MOIS ·

J’ai pris un retard monumental dans la rédaction de mes billets (et dans la lecture des blogues amis. Je vous néglige, mais ne vous oublie pas pour autant.) Je rame, pis fort à part de ça. Difficile de reprendre le rythme, comme si javais perdu le tour. Aussi, plutôt que d’angoisser avec ce retard, je brosse à gros traits les mots qui ont marqué mon mois.


Jai eu un immense coup de coeur pour le Birdie de Tracey Lindberg. Un roman intense, original, qui laissera une marque dans ma vie de lectrice. Je reparlerai bientôt de l’éprouvant roman de Ian McGuire, Dans les eaux du Grand Nord.  J’ai lu le premier roman/recueil de nouvelles de Justin Laramée, Quatre Mélanie et demie. Outre une Mélanie plus marquante que les autres (la première), je nen garderai pas un souvenir impérissable. Il y a une inconsistance, ici, qui m’a agacée. Reste que la voix de lauteur en est une que je suivrai. Sa façon singulière de manier la langue a su me retenir. J’ai lu Quand les guêpes se taisent (quel beau titre…) de Stéphanie Pelletier, un recueil de nouvelles paru en 2012. Alors là, chapeau. Pour un premier recueil, c’est du beau boulot. Les quatorze nouvelles qui composent le recueil sont à la fois fortes et émouvantes. Une belle réussite.

J’ai eu un coup de foudre pour Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, le roman graphique d’Emil Ferris. Outre le dessin impressionnant, lhistoire marque. Je vais me ruer sur le deuxième tome. Sachant que l’auteure allait être présente au Festival America, j’ai traîné l’ouvrage (lourd) dans ma valise. La file pour faire dédicacer le livre n’en finissait plus de sallonger et j’avais un déjeuner prévu avec la traductrice Hélène Fournier. Heureusement, la pétillante Eva était là pour faire la file à ma place. Merci, miss!

 
J’ai lu Prendre refuge, le roman graphique de Mathias Enard et de Zeina Abirached. J’étais ravie de retrouver les dessins de l’illustratrice, que j’avais découvert avec Je me souviens et Le jeu des hirondelles. Cette fois, je me suis par moment égarée dans ces deux histoires damour et de guerre racontées en parallèle, à deux époques différentes.
 
J’ai abandonné 33 tours de David Charianty. La lecture de Soucougnant, son premier roman, m’avait fait une forte impression. J’y avais découvert une voix forte, un regard sensible. Cette voix et ce regard, je les ai retrouvés dans 33 tours, mais avec un air de réchauffé. Mon enthousiasme du début s’est dégonflé petit à petit. Arrivée à mi-parcours du roman, l’impression de tourner en rond ne ma pas lâchée. Ma volonté d’aller plus loin n’a pas été assez forte. Si au moins javais pu mattacher aux personnages, ça se serait passé autrement… 
 
Sur ce, la vie reprend son cours et je fonce dans lautomne en tentant de reprendre mon souffle!

22 Commentaires

  1. J'avais cru poster une réponse à ton commentaire, j'ai dû faire une fausse manip' donc je recommence ! Je disais donc.. que te te remercie beaucoup, c'est vraiment très gentil, mais j'attendrai sa sortie en France, ma PAL m'offre de quoi voir venir !

  2. ravie d'avoir fait la queue pour Emil Ferris pour toi 🙂 cela m'a donné l'occasion de rencontrer cette femme étonnante et d'acheter son roman graphique !

  3. Impossible d'avoir été plus conquise que moi par le Ferris! On frôle de chef-d'oeuvre, ici. Vivement le 2e tome.J'ai hâte de lire ton billet sur \ »33 tours\ ». Qui sait, tu me donneras peut-être envie de le reprendre!

  4. Le hic, avec ce \ »33 tours\ », c'est que si je n'avais pas lu récemment son premier roman, j'aurais sans doute beaucoup apprécié. Parfois, l'univers d'un auteur me plait tellement que ça ne me gêne pas de toujours lire «le même livre». Mais ici, ça m'a moins plu. Surtout la froideur des personnages…Pour le Ferris, régale-toi. Il est génial!

  5. Pour la bd, fonce! Déjà, l'histoire autour de ce livre est fascinante. Le nombre de refus de publication, la maladie de l'auteure, etc. De voir ces dessins, réalisés au trait Bic, c'est tout simplement impressionnant. Et, ce qui ne gâche rien, l'histoire tient la route du début à la fin. On parle ici d'une pépite rare!

  6. Oui, c'était magique. Des passionné(é)s de littérature, des auteurs accessibles et des livres à n'en plus finir!Pour \ »Birdie\ », il s'agit bien d'une édition française, mais parue dans une maison d'édition québécoise. Tu veux que je t'en envoie une copie? On pourrait se faire un échange, si tu préfères!

  7. Tu as visiblement bien profité de ton festival America, c'est chouette ! J'espère vraiment pouvoir me rendre au prochain. J'avais déjà noté Birdie, mais impossible de le trouver dans ma librairie habituelle (même en le commandant sur internet), il est sorti en français ?

  8. Moi, ce que j'aime, c'est les monstres … me voilà bien tentée par un peu de BD … Pour tes lectures du mois, ma foi, voilà des idées pour quand ils sortiront en poche, ma foi.

  9. Je crois avoir été plus conquise que toi par le roman graphique!Dommage pour 33 tours ! Je le terminé et j'aime beaucoup ! Je regrette de ne pas avoir acheté son autre roman au Festival.Et oui tu as raison , la soirée passée ensemble montre bien le \ »pouvoir\ » des réseaux sociaux !

  10. Trop contente d’avoir pu partager le Festival avec toi ! Et jouer à la traductrice fut un plaisir comme transporter le colis 😊 n’ayant pas lu le premier roman je n’ai pas eu ce sentiment de réchauffé. Tu liras ma chronique du coup. Et que dire de mon bilan ? Vacances et boulot ont mis à mal mon blog ! Bises suisses

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