Sur l’oreiller avec… Mélanie

Le hasard fait bien les choses. Mais le hasard existe-t-il? Mélanie a laissé un commentaire sur mon blogue il y a quelques mois. Ignorant qui se trouvait derrière Une vie devant soi, je suis allée fouiner et… j’ai été complètement séduite par son univers.

Il était temps de remettre mon petit questionnaire sur le tapis. La curiosité me démangeait trop. Et j’avais aussi envie de partager avec toi une parcelle de son univers. C’est parti!

Que représente la lecture pour toi? Un besoin? Un divertissement? Une évasion?

Les trois à la fois! Mais un besoin avant tout.

Sans les livres, ta vie serait…

Disons qu’elle manquerait d’épaisseur… tous ces personnages que je n’aurais jamais l’occasion de connaître et ces histoires que je ne vivrais jamais. La lecture n’opère pas que durant l’acte lui-même, mais elle change ta vision des choses, t’ouvre à d’autres existences. Au fil du temps, à force de lire beaucoup, tu rencontres tant d’informations, de personnages au parcours différents, de pays et cultures qu’à ton insu, tu développes certaines facultés qui te permettent de mieux comprendre et accepter la réalité. Il me semble que je serais beaucoup moins empathique avec les autres mais surtout avec moi-même.

Je peux m’imaginer bien des renoncements dans ma vie, mais pas celui de la lecture.

Quel livre t’a donné la piqûre de la lecture?

Certainement, Les quatre filles du Dr. March de L. M. Alcott, le livre que j’ai lu et relu plusieurs fois dans mon enfance. J’adorais cette histoire et c’est toujours le cas.

Mais celle qui m’a révélée en tant que lectrice insatiable, c’est Sagan. Je me disais « mais oui, c’est ça, exactement ça. » Elle est ma chouchou.

Comment organises-tu tes lectures?

Je ne les organise jamais. Sauf récemment pour les lectures communes du book club #cemoiscionlit pour lequel je réserve une certaine plage de temps. J’ai une bibliothèque de livre non lus, je pioche selon l’envie. Parfois, un livre acheté le jour même grille la priorité aux autres. Je suis mes envies sans programme particulier.

Qui ou quoi influence tes choix de lectures?

Certains magazines, les blogs (peu mais de qualité) et plus récemment Instagram.

Quels sont les cinq livres qui sont marquants dans ton parcours de lectrice?

Ouh là là, question terrible de n’en choisir que cinq.

Steinbeck m’a beaucoup marquée dans ma jeunesse. Les Raisins de la Colère m’a subjugué. Il reste depuis dans mon top 3.

Tout ce que j’aimais de Siri Hustvedt que j’ai lu lors d’un voyage en Alaska, je me souviens très bien des moments où je découvrais ce récit à l’autre bout du monde, émue aux larmes par un passage absolument bouleversant. Ce roman m’a littéralement habitée.

La vie devant soi de Romain Gary, découvert sur le tard et lu d’une traite. À l’évidence, ce titre a influencé celui de mon blog. L’écriture de Gary me touche énormément, mais elle sait aussi me faire rire aux éclats, c’est ce que j’apprécie dans son œuvre dont je poursuis la découverte.

Confiteor de Jaume Cabré m’a énormément marquée. Déjà par son nombre de pages, un pavé, mais surtout pour sa richesse et sa construction. J’étais en vacances de ski et je ne pouvais pas skier pour cause de blessure, je lisais ce roman un peu par hasard. Il m’a fait tout oublier, le ski, ma blessure, l’avenir de mon genou. Un roman exigeant, mais magistral.

As I lay dying – Tandis que j’agonise, Faulkner. Lu en anglais. Je devais lire plusieurs fois chaque phrase et au milieu du roman, je n’étais encore pas certaine d’avoir compris ce que trafiquaient les personnages. Je trouvais son écriture drôlement belle et unique, mais surtout très difficile. Et soudain, la révélation. J’avais bien compris, ces personnages étaient réellement en train de faire ça et de dire ça. Wouaw. Magistral. Mais j’ai tellement ramé que je n’ai pas encore eu le courage de me lancer dans un autre de ses romans.

Où lis-tu le plus souvent?

Au lit avant de m’endormir. En été, au soleil sur ma terrasse.

En un mot, comment qualifierais-tu ta bibliothèque?

Précieuse.

Termines-tu toujours un livre qui t’ennuie?

Oui en général. J’aime à croire qu’il finira par m’apporter quelque chose. Mais si l’écriture n’est vraiment pas à mon goût, nunuche par exemple, je renonce.

As-tu déjà eu une panne de lecture? Si oui, tu as un truc pour y remédier?

Non, je ne crois pas. Mais quand je sens la flamme faiblir, je change de genre, je lis un roman graphique, un classique ou une valeur sûre. Et je ne m’inquiète pas si je n’ai pas envie de lire pendant quelques jours (c’est rare).

Quel est ton rapport avec les réseaux sociaux?

J’ai un compte Instagram depuis peu et uniquement pour mes lectures. Lorsque j’ai créé le blog, il fallait bien lui offrir un peu de visibilité. J’ai découvert la communauté bookstagram à ce moment-là. Je trouve que c’est un lieu d’échanges très agréable. Ses seuls défauts, il fait gonfler ma PAL et me prend parfois trop de temps. Je m’y rends plusieurs fois par jour pour consulter et échanger, mais je n’en fais pas une utilisation très intensive pour mon compte. Même si je sais que les blogs n’ont plus la côte, c’est bien là mon lieu d’expression préféré.

Que penses-tu des blogues littéraires? Et quelle raison t’a incité à te lancer dans l’aventure?

Cela fait plusieurs années que je suis certains blogs, dont le tien, de façon plutôt passive. C’est-à-dire que je ne laissais jamais de commentaire avant d’avoir mon blog, mais je lisais chaque article avec impatience et je choisissais beaucoup de mes lectures référées sur ces blogs. Malheureusement, certains que je chérissais ont subitement cessé leur activité, c’est dommage.

Je trouve que le blog permet d’exercer sa créativité en plus d’offrir un lieu d’écriture. Il ne présente aucune restriction, surtout si on choisit de le construire soi-même. Il y a longtemps que j’avais envie de me lancer, mais je craignais de manquer de temps. Puis est venu le moment de me fixer un défi, de taille puisque je souhaitais mon propre site et que je ne connaissais strictement rien au codage ou autre, et j’ai foncé.

L’envie de partager, d’écrire, de prolonger ma passion sont les éléments moteurs. Le plaisir tout simplement.

Outre la lecture, as-tu une autre passion?

Le sport. J’en pratique régulièrement de préférence en plein air. Et bien d’autres, je n’ai pas souvenir de m’être une fois ennuyée.

Fais-tu toujours ton lit le matin?

Oui, toujours! J’aime lancer la journée par une grande aération. Et quel bonheur de se coucher dans un lit fait…

Je t’invite à ton tour à aller fouiner chez elle.

  1. J’aime toujours ces rendez-vous !
    Bravo Mélanie pour le Faulkner 😁 Avec Le Bruit Et La fureur ça a été une sacrée découverte mais aussi une belle déconvenue, récit bien trop alambiqué… Par contre, je te rejoins sur Confiteor, je l’avais lu en lecture commune ( grâce à Insta !) et heureusement d’ailleurs, sinon je l’aurai abandonné.

    1. Le Bruit et la fureur: un récit trop alambiqué?! Grand dieu, quel blasphème! je dirais que tu n’as pas bien compris. Si tu avais bien lu le roman, tu l’aurais apprécié. (Je blague, là! Je viens de répondre à un long commentaires sur mon dernier billet!)

      Tu aurais abandonné Confiteor si ce n’avait été une lecture commune?

    2. Tes lectures me prouvent pourtant le contraire! Il n’y a pas de grande ou de petite littérature; il y a la Littérature et la littérature 😂

  2. Merci pour la découverte de ce blog, rien qu’en le survolant il semble être une mine d’or; je l’ai donc mis dans mes favoris et j’irai m’y promener régulièrement !

  3. à part le sport, j’aurais pu répondre pareil – les blogs qu’on aime qui disparaissent, l’ouverture sur l’esprit et les milles vies d’une lectrice ! je t’ai découverte sur IG, et je découvre ton blog à présent 🙂 Merci le caribou !

    1. Et moi, donc! C’est toujours un immense plaisir de découvrir les réponses et de connaître un peu mieux celle qui se cache derrière.

  4. Que c’est étrange de se retrouver sur ce ton blog, jamais je ne l’aurais cru quand j’y passais il y a quelques années déjà.
    Le hasard m’a déjà prouvé plusieurs fois qu’il n’existe pas ✨ mais les belles rencontres me surprennent toujours, et toi Marie-Claude tu y crois au hasard ?

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