Du sang dans les plumes · Joel Williams

Tu connais Joel Williams? Moi, je ne le connaissais pas. Il est né à Phoenix, en Arizona, en 1964.

Tu connais Joel Williams? Moi, je ne le connaissais pas. Il est né à Phoenix, en Arizona, en 1964. Cet Indien Shoshone-Paiute en a vu de toutes les couleurs et ce, depuis son enfance. À 21 ans, il a tué son père. Depuis, il vit dans une prison californienne. Trois demandes de mise en liberté conditionnelle lui ont été refusées.

Il est génial, le recueil de la défunte maison 13e note. Une longue introduction de l’auteur dans laquelle il raconte sa vie, ses nouvelles divisées en deux parties (Dérives urbaines et Derrière les barreaux), une postface signée Stephen Cooper, auteur de Plein de vie: une biographie de John Fante, et une nouvelle de James Crumley (que je n’ai pas eu envie de lire, encore habitée par celles de Joel Williams). Dans la postface, Stephen Cooper, écrit:

Joel Williams révèle « la beauté cachée sous les couches de laideur, de souffrance et d’abandon. Chacune de ses révélations dépend de l’exactitude et non de la joliesse de sa formulation. Pour chaque phrase fleurie, pour chaque cliché répréhensible qu’il peut lui arriver de commettre sur le chemin de l’affirmation de son art, Williams vous coupe le souffle avec du jamais vu, de l’exaltant, avec une nouvelle démonstration de sa déchirante sincérité ».

Dans ces nouvelles, toutes portées par Jake Wallace, l’alter ego de l’auteur, la solitude et la folie sont chevillées aux corps et aux âmes; la dignité et l’envie de s’en sortir ne vont jamais de soi. Les personnages sont de lumineux écorchés. Le recueil foisonne de pages puissantes. Joel Williams a le sens de l’autodérision, il parvient à rire au nez de ce que la vie lui a imposé de pire.

J’ai continué à écrire, noircissant des pages, remplissant mes chemises cartonnées de nouvelles qui ne voyaient jamais le jour. Je savais depuis longtemps qu’une bonne histoire n’a pas besoin de parler d’aristocrates anglais. Elle peut raconter la vie de n’importe qui. Même la mienne. Le secret réside dans sa capacité à générer de l’émotion, comme le prouvent les œuvres de mes auteurs préférés.

Joel Williams brosse le portrait d’hommes cabossés, ceux tombés du mauvais côté de la barrière, ceux brisés par les drames de la vie. En contrepoids de toute cette misère, une humanité bouleversante transpire de ces pages. Du sang dans les plumes, c’est la vie démaquillée, en gros plan.

Merci à Dealer de lignes, sans qui je serais passée à côté de cette pépite.

Du sang dans les plumes, Joel Williams, trad. Nathalie Beunat et Patrice Carrer, Éditions 13e Note, 2012, 237 p.

Note : 4 sur 5.

14 Commentaires

  1. J’ai quelques ouvrages de cette défunte maison d’édition, que je garde précieusement aussi…
    Tu fais très envie, là, mais si j’ai bien compris, la difficulté va être de le trouver à un prix raisonnable…
    (…)
    Le mieux que j »ai trouvé est sur Rakuten, (12.99 € avec retrait en point relais)… Et hop, commandé !!

    1. C’est tellement dommage, je trouve, que cette maison ait cessé ses activités. Il y avait de belles prises…
      Je suis ravie que tu sois arrivée à mettre la main dessus à un prix très raisonnable. Tu verras, c’est une vraie pépite! Cet homme m’a beaucoup touchée. Son regard est très rafraichissant, dans les circonstances qui sont siennes…

    1. Reste plus qu’à le trouver, maintenant. Il est épuisé. Il faut le trouvé en bouquinerie ou le commander. Mais il en vaut vraiment, vraiment la peine.
      J’espère qu’une maison le reprendra pour l’ajouter à son catalogue…

    1. Si tu es gentille et que tu me fais un bon repas, je te le prêterai pour que tu puisses le lire pendant que je travaille à la sueur de mon front!

      Il est parfait, ce recueil. Idem pour tout ce qu’il contient autour.

    1. Il est exceptionnel! Si tu apprécies, comme moi, la littérature pénitentiaire, tu en auras pour ton argent. Avec une préface passionnante et une courte autobiographie du monsieur en bonus, c’est un ouvrage splendide.

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